Démarche Artistique

"Le bleu c'est la couleur de mes rêves" Miro

 

Je suis peintre autodidacte, n'ayant jamais pris de cours de dessin, je me suis affranchie de l'académisme. 

La raison d'être de ma peinture est de faire partager mon engagement sur les risques liés à la disparition du monde marin, le positionnement de la femme , les dangers de la ville, les problématiques environnementales et sociétales...  Je souhaite véhiculer des messages, sans porter un discours moralisateur ou culpabilisant, bien au contraire, mes œuvres se veulent porteuses d'espoir. 

 

La création d'une œuvre commence toujours par une photo, un sujet qui m'a interpellée. Je reprends cette image, je l'intègre dans mon imaginaire, je la transforme en lui apportant de la douceur, une certaine légèreté via ma palette de couleurs car ces dernières me permettent l'accessibilité à tous les publics, qu'il soit adulte ou enfant.   

Je m'appuie sur une écriture "Happy", je suis très attachée aux couleurs vives, celles que j'ai découvertes en Amérique centrale où j'ai beaucoup voyagé. 

 

Il existe plusieurs lectures possibles au sein de mes toiles car chacun peut trouver ce qu'il a envie de voir. 

En premier, le public peut percevoir une scène naïve mais si l'on voyage au sein de l'œuvre, on découvre un cheminement moins spontané qu'il n'y parait. En effet, je m'appuie sur une symbolique forte, chaque élément représente un message. Je procède à beaucoup de recherches lors de la préparation d'une œuvre, chaque élément est pesé.

 

Le bleu est ma couleur incontournable. Il symbolise la vie, la mer, il m'apaise, m'apporte de la sérénité comme une protection contre le monde extérieur. 

Depuis quelques temps, le monde de la mer, l’univers marin est de plus en plus présent. Mon élément de prédilection est l'eau, je pratique la plongée en bouteille, dès que je le peux dans toutes les mers du monde. J'ai constaté que nos fonds sous-marins étaient en grande souffrance. J'ai d'ailleurs déménagé à Marseille récemment pour vivre plus près de la Méditerranée.

 

Le corail s'est alors naturellement invité comme un élément indispensable pour représenter la chaîne alimentaire d'une part et d'autre part parce qu'il est un indicateur du réchauffement planétaire et du dérèglement climatique. 

Je souhaite interpeler sur le fait qu'à l'heure où nous n'avons pas encore découvert ce que la mer, l'océan peuvent nous apporter, nous sommes en train de les piller, les saccager alors que ce milieu est notre allié de demain. La disparition du corail est à terme la disparition de notre humanité. 

 

Pour renforcer mes propos, je choisis de placer une couleur "en triangle" comme au billard, je trouve que cela apporte de la dynamique à mon message. J'aime l'idée d'imaginer mes toiles comme des tissus, la répétition de certaines couleurs ou sujets comme un motif. Dans la toile "La femme et le loup" le jaune par exemple est placé de cette façon via le soleil, le serpent et le tablier, chaque sujet de la même couleur renvoie à l’autre. 

 

Mon médium préféré est la peinture acrylique, j'aime sa texture et sa capacité à sécher rapidement. J'utilise aussi les feutres acryliques car ils m'aident dans le détournement de mes sujets. Ils m'apportent la régularité du soulignement et permettent de détacher les objets sur la toile, sans toutefois chercher à mettre en relief un sujet par rapport à un autre. 

 

Je peints sur tous les supports qui m'inspirent, la toile sur châssis, le bois, le tissu, le papier et même les objets. Je ne peux me cantonner à un seul support. J'ai régulièrement besoin de passer d'un support plat à un objet en volume. Ces allers et retours me permettent de remettre en perspective mes projets. 

 

Je souhaite, en m'exprimant d'une manière joyeuse, apporter une prise de conscience afin d'initier le changement.

 

Mes premières œuvres ont été naturellement inspirées par la culture de l'Amérique Centrale, notamment par les calaveras mexicaines, les geckos, les poissons… j'ai toujours peint des poissons m'a rappelé ma mère récemment. Je pensais mes toiles comme des tissus ou des foulards, je peignais comme si je créais des imprimés, je recherchais une certaine symétrie et une esthétique. 

J'ai ensuite beaucoup peint des villes, elles me fascinaient et en même temps me mettaient mal à l'aise. Leur immensité, l'anonymat qu'elles engendraient, la gentrification m'interpellaient.

Plus tard, le mouvement "Mee Too" m'a fortement interrogée sur la place de la femme dans la société, les relations Hommes – Femmes, j'ai été interpellée par la violence, les incompréhensions, les difficultés que les deux sexes rencontraient dans leur communication. 

 

Aujourd'hui, je me sens de plus en plus investie, mes œuvres sont tout autant personnelles mais surtout plus engagées. Elles sont de plus en plus le reflet de mon regard sur notre société de consommation et des problèmes écologiques. En effet, j'ai dépassé la recherche de l'esthétisme pur pour m'orienter vers un message que je souhaite partager avec le public sans vouloir être moralisatrice, mais en m'appuyant une lecture à plusieurs niveaux. Chaque œuvre peut être vue selon ce que l'on souhaite voir. J'ai renforcé cette écriture spécifique pour donner la possibilité de découvrir quelque chose de nouveau à chaque regard posé au fil du temps. 

 

J'éprouve beaucoup de plaisir à me laisser surprendre par ces interprétations différentes, cette idée me ravit, je souhaite continuer à explorer cette écriture car elle est devenue mon langage, une nouvelle façon de communiquer avec le monde, une sorte de langage universel pour développer le partage et l'échange.